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Hauteur de marche et giron : la règle de Blondel


Le confort d’un escalier tient dans deux cotes liées entre elles. Un relevé de l’architecte François Blondel, énoncé au XVIIe siècle, sert encore à les accorder.

Publié le 27 août 2026

La formule

La règle relie la hauteur de marche h et le giron g, profondeur utile de la marche, par la somme 2h + g. Le résultat se tient entre 60 et 64 cm pour un escalier d’habitation, la valeur de 63 cm servant de repère courant.

Cette somme correspond au pas moyen d’un adulte en montée. Sortir de la fourchette donne un escalier qui fatigue : trop plat, il oblige à des enjambées longues, trop raide, il force la cuisse à chaque marche.

Les valeurs qui marchent

Une hauteur de marche comprise entre 17 et 18 cm convient à la plupart des logements. Au-delà de 19 cm, la montée devient sportive et la descente inquiète les personnes âgées.

Le giron suit : entre 25 et 28 cm, un pied d’adulte se pose entier. Un giron de 22 cm oblige à poser le pied de biais, ce que l’on accepte dans un escalier de service et beaucoup moins dans un escalier de séjour.

Le nez de marche, léger débord de la marche sur la contremarche, ajoute quelques centimètres d’appui sans allonger l’escalier. Il se dessine en même temps que le giron.

Compter les marches

Le calcul part de la hauteur d’étage, mesurée du sol fini bas au sol fini haut. Cette hauteur divisée par la hauteur de marche souhaitée donne un nombre de marches, qu’on arrondit, avant de recalculer la hauteur exacte.

Pour une hauteur d’étage de 2,70 m, dix-sept marches donnent 15,9 cm chacune et seize marches 16,9 cm. Le nombre entier commande, jamais l’inverse : toutes les marches d’une volée ont rigoureusement la même hauteur.

Une seule marche différente des autres, souvent la première ou la dernière quand le sol fini a changé en cours de chantier, suffit à faire trébucher. Le sol définitif se connaît donc avant la fabrication.

Ce que la formule ne dit pas

Deux escaliers peuvent respecter Blondel et se monter très différemment selon la largeur, l’éclairage, la présence d’une main courante et la matière des marches. La formule fixe le squelette, le reste se règle sur place.

Un escalier de meunier, très raide, sort volontairement de la règle pour desservir un grenier. Il se justifie quand l’usage est rare et l’espace compté.

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